Attention ! Vessie agressée ! (Les irritants vésicaux, vous connaissez ?)

01 aot 2018

Peut-être faites-vous partie de ceux et celles qui souffrent d’urgence mictionnelle. Ça, c’est la venue d’une envie « super urgente » sortie de « nul part ». Ou peut-être pas tant de « nul part » que ça… Le syndrome des clés dans la porte, ça vous dit quelque chose ? J’en ai déjà parlé dans Quand la vessie se rebelle (Un portrait de l’urgenturie ou de l’hyperactivité vésicale ou de la vessie nerveuse.) Dans certains cas, cela mène à l’incontinence d’urgence. Non seulement il y a la sensation d’envie « super urgente » mais en prime, vous vous faites pipi dessus. Ou peut-être souffrez-vous d’une fréquence mictionnelle augmentée. Bref, vous passez votre vie à avoir toujours envie et y allez donc très souvent. Tous ces termes s’associent à une vessie irritable ou hyperactive. Ah, l’hyperactivité vésicale. Décrite sous maintes coutures mais tout de même mal comprise. Pourquoi la vessie s’active-t-elle ainsi ? Plusieurs pistes de réflexion existent à ce sujet. Aujourd’hui, j’ai choisi de vous familiariser avec ce qu’on appelle les « irritants vésicaux ».

  1. La caféine: On commence par qui ? Une des boissons la plus consommée et appréciée sur Terre. Le café ! Mais non seulement le café, mais tout ce qui peut contenir de la caféine… On parle donc aussi de boissons gazeuses foncées, de boissons énergisantes, de chocolat… et même de certains médicaments ! C’est que la caféine serait non seulement irritante pour la muqueuse vésicale (paroi de l’intérieur de la vessie) mais aussi un stimulant musculaire peut-être un peu beaucoup (!) trop efficace pour certains détrusors (muscle autour de la vessie). Aie, aie ! Dégagez le chemin ! Les recommandations à ce sujet, si votre vessie se trouve affectée par la caféine, est de limiter votre consommation quotidienne à 110 mg.

  2. Les épices fortes/piments : On poursuit avec les épices fortes. Techniquement, pas celles qui donnent du goût et de la saveur mais vraiment celles qui ajoutent le « caïente » dans un plat. Rentre dans cette catégorie les piments. Je serais curieuse de savoir si la population Mexicaine a un taux plus élevé de personnes aux prises avec de l’irritabilité vésicale… Ou bien y a-t-il désensibilisation, mutation génétique ? Bah… je déraille un peu du sujet, ici.

  3. Les édulcorants artificiels : Les édulcorants artificiels auraient aussi le potentiel d’irriter la vessie. On parle des édulcorants de première génération, soit la saccharine, le cyclamate et le fameux aspartame et des édulcorants de deuxième génération avec le sucralose, l’acésulfam-potassium, le néotame, et l’alitame. Vous buvez votre café avec du Splenda ?

  4. Le gaz carbonique : Ici, on rentre dans les boissons gazéifiées. Bien sûr les boissons gazeuses mais aussi les eaux gazeuses tel le Perrier. Le gaz carbonique en soit pourrait être irritant…

  5. Les agrumes : Eh, oui ! L’acidité des agrumes semblerait aussi être associée à l’hyperactivité vésicale… Et tant qu’à y être, les tomates aussi ! Alors tout ce qui est sauce tomatée… Alors amateur de sauces tomatées, jus de tomate, eau citronnée, pamplemousses, oranges et compagnies, soyez averti !

  6. Les produits laitiers : Pour les personnes souffrant d’intolérance au lactose, l’inconfort des intestins incommoderait la vessie sa voisine… Bah, moi aussi je trouverais ça « moyen » de subir les ballonnements de mon voisin…

  7. Le tabac : On connait déjà de nombreux effets néfastes de la cigarette. S’ajoute son effet agressant sur la vessie. Le tabagisme est aussi connu pour l’augmentation de risque de souffrir d’un cancer de la vessie. Fichu bonne raison supplémentaire pour éteindre !

  8. Les boissons alcoolisées : Eh oui ! L’alcool aussi peut agressée votre vessie. Notons que l’alcool est un diurétique. Einh ? On le sait, l’alcool, ça déshydrate. Mais comment ? En nous faisant produire plus d’urine. Augmentation de la production d’urine, c’est ça la définition de diurétique. Donc oui, vous irez plus souvent uriner. Mais ses effets ne s’arrêtent pas là. L’alcool est aussi un relaxant musculaire. Il a donc le potentiel de relâcher la musculature du plancher pelvien et du sphincter de l’urètre. Et il y aurait des substances potentiellement irritantes pour la paroi interne de la vessie dans certains types d’alcool dont le vin rouge. Charmant le portrait, n’est-ce pas ? Une vessie irritable qui produit plus d’urine sur un muscle moins fort pour retenir le tout !

9 – La déshydratation : Comment ? Ne pas consommer quelque chose peut être irritant ? Et comment ! Sachez que lorsque vous êtes chroniquement déshydraté, l’urine elle-même est irritante pour votre vessie. Il y a moins d’eau dans votre pipi pour diluer les déchets du corps qui eux, ne sont pas réduit. Que vous buviez ou pas, vous produisez des déchets. Or, en état de déshydratation, vous les éliminerez dans une urine contenant moins d’eau… Ainsi, la concentration est plus élevée et peut, à la longue, agressée votre vessie. Une main dans un bac de jus de citron pur et l’autre dans un bac d’eau avec une tranche de citron… Dans quel environnement votre main sera la plus confortable pour une période prolongée ? Bah, même chose pour votre vessie.

Méli-mélo : Mais là, voyez-vous comme moi qu’il existe plusieurs aliments qui peuvent rentrer dans plusieurs catégories ? Le coca-cola diète/pepsi diète ou autres marques de ce monde par exemple. Caféine ? Check. Édulcorant artificiel ? Check. Gaz carbonique ? Check. Avec zeste de citron ? Check. Ou bien que les occasions sont nombreuses de consommer plusieurs de ces catégories d’aliments au cours d’un même repas ?

Et mince, vous dites-vous (et moi aussi d’ailleurs, soupir). Toutes les bonnes choses que la terre a à nous offrir ont le potentiel de stimuler ou d’irriter cet organe qu’est la vessie… Ici aussi, la modération à bien meilleur goût !

Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que votre vessie réagie à toutes ces catégories d’aliments. Je vous invite à tester l’impact sur votre vessie en éliminant pendant une semaine ou deux le dit-aliment et voyez par vous-même si la problématique est moins prononcée. Vous serrez alors en mesure de faire un choix éclairé de consommer ou non selon le contexte. Parce qu’on est pas toujours obligé de se privé.

Je vous fais ici deux sénarios où vous ne ferez probablement pas le même choix de menu une fois en connaissance de cause. Scénario 1 : petite soirée tranquille au restaurant à 5 minutes à pieds de chez vous avec retour prévu ensuite à la maison. Vous pourrez alors peut-être vous laisser tenter par la pizza tomatée « el piquante » du menu avec un bon verre de vin rouge, de l’eau pétillante avec tranches de citron durant le repas suivi du gâteau mousse chocolat noir et d’un bon café au lait sucré au Splenda (c’est pour ajouter une couche au scénario, parce que pour moi, c’est pas sucré un café !). Scénario 2 : grosse soirée resto-cinéma prévu en amoureux. Le restaurant est à 25 minutes de voiture de la maison, suivi d’un film ou vous en aurez pour 2h30 de visionnement et le 25 minutes supplémentaire de retour au bercail. Mouin, peut-être moins tentant ce menu, non ? Faudrait aussi éviter d’y ajouter l’insulte d’un coca-cola durant le visionnement !

Sachez que si l’idée de courir les toilettes cinq fois pendant votre soirée cinéma vous rebute ; eh bien je suis d’accord avec vous. À bas l’angoisse du pipi nerveux ! Il existe des outils à venir chercher en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, une vessie zen bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !