Le massage de la cicatrice, un essentiel (on va s’expliquer comment masser sa « couture », ça fait vraiment une différence).

01 fvrier 2019

Mettre un enfant au monde, ça laisse des traces sur le « body ». Certains accouchements laisseront plus de traces que d’autres. Reste que pour qu’on le rencontre ce mini-humain (ou bien ces mini-humains !), deux grands modes d’emploi sont offerts. La porte de sortie originale (celle inclus avec le gêne X) avec l’accouchement vaginal ou bien une porte de secours créer par nécessité le moment venu, la césarienne. Dans la dernière option, la « déchirure » est assurée. Dans la première, elle est quand même bien probable. Les « cicatrices de guerre » sont donc nombreuses. Mais, pour bien guérir, une cicatrice a besoin d’être massé. Un peu, moyennement, beaucoup, c’est selon. Selon l’ampleur de la déchirure, selon la génétique de la personne, selon son alimentation, son sommeil, son stress, ses hormones, sa dépendance ou non à la cigarette, à l’alcool … Et oui, guérir notre corps, c’est avant tout de la chimie ! Alors je vous encourage à avoir une belle hygiène de vie. Mais je vous encourage aussi à masser. Et voilà pourquoi.

Premièrement, masser la cicatrice rééduque les terminaisons nerveuses sectionnées ou déchirées lors de la blessure. Une fois coupée, l’extrémité du nerf meurt. Et un peu comme la racine d’une plante qu’on aurait sectionnée, le nerf va, dans la majorité des cas, repousser à partir de la portion saine et en vie et s’allonger à nouveau ; faire de « nouvelles racines ».

Or, ces nouvelles fibres nerveuses sont jeunes et immatures et elles risquent de ne pas fonctionner de façon optimale au début. Engourdi ? Douloureux ? Hypersensible ? Tout cela est possible. Toucher la zone permet d’aider à la maturation de ces nouvelles terminaisons nerveuses et reste la meilleure avenue pour espérer récupérer une sensibilité normale.

Si toutefois, cela est dur pour vous de seulement mettre les doigts dessus la cicatrice, de la regarder, de la toucher, d’admettre qu’elle est là et de dire le mot « cicatrice », c’est que c’est d’autant plus important de le faire pour guérir son psychique. Il n’y a pas seulement cicatrice dans la chair, mais aussi dans la pensée. Vous avez vécu un trauma. Accoucher est perçu par le corps comme une forme de traumatisme, faute de meilleur mot à employer. Mais des traumatismes, il y en a avec des « t » minuscules, écris en taille 8 et il y en a avec des « T » majuscules en gras, soulignés et taille 48 et tout un éventail entre les deux. Dans le corps comme dans l’esprit. Et je crois fermement que l’un ne peut guérir sans l’autre. Alors si l’élément freinant la récupération corporelle a plutôt racine dans une blessure psychologique, je vous encourage grandement à adresser cette détresse émotionnelle et rechercher de l’aide pour vous outiller dans le « massage de votre cicatrice émotive ». Alors masser sa cicatrice a, en deuxième lieu, le potentiel de favoriser le processus d’acceptation de votre accouchement.

Troisièmement, le massage de la cicatrice permet une meilleure qualité des tissus et de favoriser une guérison optimale. Une plaie qui guérit, suture ou non, vous laisse un bon nombre de « nœuds » dans les tissus. Et par tissus, j’entends les tissus humains tels :

Si la plaie est une césarienne, on ajoute à cela :

Faque ça peut interférer dans la fonction de chaque type de tissu, d’avoir des « nœuds » dedans… Ça peut se manifester par une peau plus épaisse et moins souple. On pourrait aussi avoir des muscles moins forts et plus difficiles à contracter ; ça pourrait même être douloureux de les contracter. Ça peut aussi créer une difficulté à résorber l’enflure, des sensations de congestion, de ballonnements, de lourdeur dans le bas ventre ou à la vulve. On pourrait aussi ressentir des caprices de la vessie (douleur, sensation altéré d’envie, etc), des douleurs lors des relations sexuelles, des crampes utérines, des menstruations douloureuses, alouette !

Non seulement, il peut y avoir des nœuds dans chaque type de tissus, mais il peut y avoir des adhérences entre chaque couche. Et là, ça peut ressembler à une pile de draps de laine rêches empilés les uns par-dessus les autres. Ça glisse pas fort-fort. Or, quand le tout est lisse et sans nœud, les tissus devraient plutôt glisser librement les uns sur les autres comme des draps de soie. En anglais, on dit « slide and glide ». Des effets retardataires plus ou moins près du site de blessure peuvent se faire sentir plusieurs années après l’apparition de la cicatrice. Imaginez que le péritoine « colle » aux intestins. Ou bedon à l’utérus. Ou aux ovaires. Peut-être alors vivrez-vous des difficultés digestives, des douleurs ovulatoires ou menstruelles, des difficultés à retomber enceinte. Ou bien que la peau ne glisse pas bien sur vos abdominaux. Peut-être que vous arriverez moins facilement à les contracter et que pour cette raison, vous aurez éventuellement plus de risque d’avoir mal au dos. Ceci est une liste non exhaustive de ce qui pourrait résulter du cicatrice mal aimée et délaissée.

Bon, je n’aime pas tant parler de l’esthétisme car je crois qu’il y a bien d’autres raisons plus importantes, mais si ça peut en convaincre quelques-unes de plus de masser, usons de cette carte-là aussi ; tous les moyens sont bons. Et oui, une cicatrice bien souple et bien massée sera aussi [roulement de tambours] plus jolie. Elle sera plus lisse (lire ici qu’elle aura moins tendance à faire des « boursouflures » vers l’extérieur ou bien « s’invaginer » vers l’intérieur), plus mince (moins large), et plus pâle (rouge vin tatoué sur la peau n’est pas une couleur très « in » auprès des mamans). Bref, elle sera moins apparente.

Maintenant, j’espère avoir réussie à vous convaincre de masser. Reste peut-être quelques détails techniques du genre : quand ? Quand commence-t-on à masser ? Généralement quand la plaie est bien refermée, aux alentours de 6 semaines post-plaie. Mais même si ça fait plusieurs mois, voire années, il n’est pas trop tard ! Autre détails : comment ? De pleins de façon. Premièrement, en essayant de « décoller » la peau des tissus sous-jacent. En la décollant et en la roulant. On appelle cela du « palpé-roulé ». Ou bien en frictionnant les tissus profonds à l’aide du bout des doigts. De bas en haut, de côté à côté, en diagonal, dans l’autre diagonale, en cercle, usez de votre imagination ! Par contre, faites attention de ne pas seulement frotter vos doigts sur la peau, mais de bien déposer les doigts et de « frictionner » ce qu’il y a en dessous. Pour combien de temps, à quelle fréquence ? Idéalement pour autour de 5 minutes et tous les jours.

Vous serez d’accord avec moi qu’un vêtement dont le tissu est plein de nœuds, qui est peu flexible et rude au toucher est très inconfortable à porter. Eh bien imaginez qu’il s’agit de votre enveloppe corporelle que vous portez à journée longue ! Faites-vous un beau cadeau et habillez votre corps comme il se doit ! Restez à l’affût, une enveloppe charnelle qui vous épouse vous et vos mouvements comme un gant bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !