Parlons caca ! (Démystifions ensemble la constipation)

01 mai 2019

Quoi ? Ai-je vraiment l’intention de vous entretenir sur les excréments ? Et comment ! Vous n’imaginez pas le nombre de questions qu’il est possible de poser en rapport avec la défécation… Et la quantité d’informations que cela m’apporte pour mieux comprendre la situation et donc aider ma clientèle. Oui, oui, en rééducation périnéale et pelvienne, on parle caca (et ça, ça en met plusieurs plutôt mal à l’aise !). Disons qu’avec le métier que je fais et l’environnement familial que j’ai (deux enfants d’âge préscolaire) j’ai de quoi être désensibiliser sur le sujet. Il m’arrive parfois d’oublier la gêne que cette discussion peut amener.

J’écris donc avec l’intention de vous expliquer toute la pertinence de cette discussion dans mon bureau ; vous démontrer toute la pertinence de vouloir réguler au mieux votre transit digestif. Premier point percutant : la constipation est, après une grossesse et son accouchement, le 2e enjeu pouvant nuire le plus au périnée. Donc si vous voulez que celui-ci aille mieux (ce qui est en général l’objectif quand vous consulter en rééducation périnéale et pelvienne), il faut s’assurer d’éliminer au maximum la constipation. Comment ? De plusieurs façons. Plongeons ensemble.

Commençons par une question simple ; qu’essé que c’est, du caca ? Une matière semi-solide, pour commencer. Quelques-uns ajouterons que c’est un déchet du corps. C’est une bonne base, mais c’est beaucoup plus que ça. Les selles sont majoritairement composées d’eau (en moyenne 75 à 85%, disons 80% pour un chiffre rond) et de déchets de l’organisme (le 15-25% restant, arrondissons aussi à 20%) tels des résidus alimentaires, des fibres, des bactéries, des cellules épithéliales mortes de notre intestin, etc. Et ne vous trompez pas, il est important de maintenir ces proportions. Mais visuellement, ça ressemble à quoi ? Voici donc l’échelle Bistrol (oui, oui ! Une échelle pour évaluer la « densité » de vos selles !). La perfection ? Le type 4, définitivement. On cherche une belle consistance style dentifrice. Cette consistance facilitera le travail du transit intestinal. Le transit intestinal ce fait grâce à de petits muscles le long du tuyau des intestins. C’est facile faire sortir de la pâte à dent du tube en appuyant doucement sur celui-ci, non ? Same thing dans votre bedon.

Mais pourquoi si peu de déchet et autant d’eau ? Si le corps en a décidé ainsi (une fichtrement belle machine, le corps humain, soit-dit en passant !), c’est qu’il doit y avoir une bonne raison. Prenons le cas d’une personne déshydratée. Chez cette personne « desséchée », le corps réabsorbera plus d’eau provenant des intestins pour assurer les autres fonctions du corps nécessitant de l’eau (volume sanguin, sueur, salive, urine, muqueuses des yeux, du nez, des organes génitaux, etc). Il restera malgré tout le même volume de déchets à éliminer… En d’autres mots, la selle sera plus dense, plus solide. On montera facilement dans l’échelle de Bistrol ci-haut. Et ça, c’est problématique. Parce que c’est un terrain hyper favorable au développement de la constipation. Juste pour voir, remplacez la pâte à dent dans le tube par de la pâte à modeler trop sèche… ou pire, par des billes. Et pesez ensuite un peu sur le fond du tube. Ça sort facilement ? I don’t think so. Avant de faire avancer le tout et d’en arriver au bout (plus de 6 m d’intestin grêle et 1,5 m de côlon ! Un fichu long tube dentifrice que je vous dis !), on peut accumuler du retard. Eh hop ! on saute une journée ou deux d’évacuation ! Mais ça entraîne un cercle vicieux, car plus les selles passent de temps dans l’intestin, plus le corps a la possibilité de réabsorber de l’eau… Et les selles deviennent plus dures. En devenant plus dures, elles sont plus difficiles à faire cheminer… Et elles restent plus longtemps dans le système digestif. Et… ok, je pense que vous avez compris.

Alors, pour se sauver tout ce trouble, une bonne hydratation est primordiale. On parle de quoi par bonne hydratation ? Généralement de 1,5 à 2 litres de liquide pour une femme et de 2,5 à 3 litres pour un homme. Enceinte ou allaitante ? Allez-y avec un litre de plus, soit la quantité recommandée pour un homme. C’est que bébé vous siphonne aussi, voyez-vous ?

Mais l’hydratation n’est pas suffisante. Il faut aussi avoir un bel horaire régulier dégageant du temps pour évacuer. Il est possible de réguler le système digestif dans le temps. Et le moment le plus propice ? Le matin après l’ingestion du déjeuner. En fait, 20 à 30 minutes après celui-ci, pour être plus précis. Pourquoi donc, vous demandez-vous ? Eh bien, le système digestif est une belle machine en partie gérée par des réflexes neuronaux. Explication : vous passez la nuit à jeun (en général, du moins), l’estomac est donc vide au réveil. En mangeant, vous le remplissez (bin quin !). Il passe alors de vide à plein. L’étirement de l’estomac activera un réflexe gastro-intestinal (estomac-intestin) qui part le péristaltisme (contraction des muscles sur les intestins qui fait avancer les excréments). C’est comme si le corps disait : « Du nouveau stock est livré ! On évacue le vieux pour faire de la place ! ». Le péristaltisme prend environ 20 à 30 minutes pour qu’un mouvement de masse ait lieu (les selles se déversent dans l’ampoule rectale). À partir de ce moment, il reste en général maximalement 10 minutes pour se rendre à la toilette et bénéficier du péristaltisme qui va aider à « pousser » les selles à l’extérieur. Après ? Bye bye le péristaltisme. Faudra vous arranger tout seul pour évacuer. Et probablement pousser. Pauvre périnée !

Par contre, pour que ce beau réflexe fonctionne à son plein potentiel, il faut être dans un état « disposé » parasympathique. Hum, est-ce que vous vous rappeler votre cours de biologie du secondaire ? On y aborde le système nerveux central (celui qu’on contrôle) et le système nerveux autonomique (celui qu’on ne contrôle pas, ex : pupille dilatée dans le noir, sueur quand il fait chaud, ce genre de choses). Ce système nerveux se divise en deux : le système neveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Le sympathique ne l’est pas tant que ça, en fait. C’est le système de réponse au stress ; la réponse « fight or fligh », se battre ou se sauver face au danger. Ça amène des réponses hormonales et physiologiques pour que le sang se distribue plus vers nos muscles, notre cœur, nos poumons pour suppléer nos muscles dans quelque chose qui risque fort d’être cardio. Pas le temps d’envoyer du sang vers les viscères et digérer quand on se sauve du loup, non ? Vous aurez donc compris que la digestion est plutôt régulée par l’autre système, le parasympathique. Quand un « parle fort », l’autre « se tait ». Ainsi, si on est dans la réponse sympathique (aka le stress), ça cognera moins fort (ou pas du tout) à la sortie. Alors, où êtes-vous 20 à 30 minutes après votre déjeuner ? (Ou même, déjeunez-vous ?) Êtes-vous de ceux pris dans un bouchon de circulation ou le métro bondé ? Ou bien déjà au bureau ? Ou encore à la course vers la garderie et l’école ? Êtes-vous perpétuellement chassé par un prédateur imaginaire (la fameuse aiguille de l’horloge qui tourne) ? Parce qu’on a pas les mêmes stresseurs et prédateurs qu’avant, mais la réponse physiologique, elle, est la même.

Si on récapitule, pour éviter la constipation, on boit adéquatement. On déjeune aussi à heures relativement fixent et on s’assure d’avoir accès à une toilette 20 à 30 minutes après. On essaie de rester zen durant cette période…

Finalement, pour limiter l’impact sur votre périnée, la position adoptée à la selle peut aussi être importante à corriger. Un tabouret sous les pieds, c’est pas mal un must. C’est que, voyez-vous, il y a un angle entre la fin du côlon et le début du rectum. Le fait de positionner les genoux plus haut que les hanches attenu cet angle. Cela forme un « toboggan » sur laquelle les selles « glissent » plus facilement et l’évacuation est alors plus aisée.

Vous êtes ballonné ? Vous éliminez peu pas régulièrement ou de façon très espacé ? L’évacuation est difficile ? Ou bien segmentée ? Ou les deux ? Restez à l’affût, la restauration de votre usine à « dentifrice » bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Je suis une femme et j’ai mal à mon sexe : mon vagin déchire.

01 avril 2019

Ce mois-ci, tel que promis, c’est au tour des femmes ! Mais avant, merci énormément à celles qui auront guidé les hommes de leur entourage vers mon dernier article. Savoir, c’est pouvoir. Savoir ce qui ne va pas, c’est un pas vers pouvoir s’en débarrasser. Alors merci d’avoir potentiellement aider tous ces hommes. Je vous ai demandé cette fois-ci d’être patiente mais j’espère que ça en voudra la peine. Parce qu’on estime que 12 à 20% des femmes ont mal à leur sexe. Et là commence un peu de copier-coller. Car, lorsqu’il s’agit de douleur au sexe, l’homme ou la femme, ça ne fait pas tant de différence. Parce que vous aussi, vous vous sentez littéralement seules dans votre situation et pourtant vous êtes bien nombreuses à me consulter. Tout un paradoxe celui-là que d’avoir une multitude de femmes à souffrir seules et en silences de la même dysfonction. Et c’est là que ça commence pour vrai la MÊME lueur d’espoir que dans mon texte miroir du mois passé. (See ? Comme je disais plus tôt, homme ou femme, no big difference). Il s’agit aussi d’une DYSFONCTION. Pas une maladie. Votre utérus ? Vos ovaires ? Sont « just fine ». Votre vessie ? « Same thing ». Pis ben non, bien souvent, il n’y a pas d’infection. Pas de vaginite, pas d’infection urinaire, pas d’ITSS (infection transmise sexuellement ou par le sang - anciennement connues sous MTS). Ben quin, les antibios ou antifongiques (aka canestin, monesta et compagnies) « just in case » n’ont rien donné ; il n’y a pas d’infection à traiter ! Vous m’arrivez bien trop souvent mal en point dans votre corps et dans votre tête. Dans votre corps parce que vous souffrez. Et que le gynéco (si vous arrivez à en voir un) soit ne vous prend pas tellement au sérieux, soit ne sait pas quoi vous suggérez pour régler le problème. Et non, prendre un verre de vin pis relaxer, ce n’est pas un « traitement » valable. Imaginez ! Ça se dit encore de nos jours dans les bureaux de médecin ! Votre sexe a été sans contredit malmené. Des PAP-test avec le spéculum pas très friendly pour un vagin douloureux… Des échantillons d’urine, de sécrétions vaginales et peut-être de selles. Des biopsies de la vulve ou du col de l’utérus. Des échographies, Scan ou IRM. Votre tête est mal en point : test après test, le drame ce n’est pas qu’on trouve quelque chose de grave, c’est qu’on ne trouve rien ! Tout est normal ! Antibio : peut-être une légère amélioration ? ou pas. En tout cas, ça ne dure pas. Et s’il y a eu soulagement, on peut fort probablement pointer du doigt l’effet placebo. Des médicaments pour la vessie, des hormones, des anti-dépresseurs… Même résultat décevant.

Tout est beau, tout est normal. Mais la douleur, elle, est toujours là… Votre tête souffre de ne rien trouver d’anormal dans votre corps douloureux. C’est là que je réitère : il s’agit d’une dysfonction. Mais que veut dire « dysfonction » ? Bon, ce bout-là, faudra allez revoir mon dernier texte si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire, parce que c’est franchement PAREIL. Bon, à part qu’on ajoute un organe dans les organes à soutenir (l’utérus) et un orifice de plus dans le périnée (le vagin). Faque on parle de la même difficulté à coordonner tous ses rôles (support des organes, maintien de la continence, sexualité, stabilisation du bassin et du bas du dos). Il a de la difficulté à coordonner tous ses rôles ensembles. Les muscles ne savent plus quand contracter, ne savent plus quand relâcher. Plus tellement un scoop (car déjà révélé dans l’article d’avant) : la majorité des douleurs périnéales (aka dans la région du périnée) proviennent de muscles hypertoniques (aka trop tendu, contracté en permanence, manquant de souplesse, etc). Et c’est là que ça fait mal. Mais pourquoi ça fait mal ? Démonstration : serrez fortement votre main pour en faire un poing. Et gardez serré. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Commencez-vous à sentir ce que je veux dire ? Ben imaginez maintenant vos muscles du périnée contractés … all day long … all day … all day long !

Ce qui est un peu différent chez la femme, c’est que les douleurs surviennent plus fréquemment dans un contexte de relations sexuelles. On appelle dyspareunie cette douleur présente lors des relations sexuelles. Il y a quand même une certaine logique à ce que cela soit plus fréquent chez la femme que l’homme. Les besoins d’élasticité, de détente et de souplesse du périnée féminin sont nettement plus grands pour permettre l’acte sexuel tel qu’on le conçoit généralement (aka pénétration vaginale) que pour l’homme (qui n’a généralement pas besoin de détendre un orifice pour accommoder une pénétration).

Chez la femme, les dysfonctions douloureuses du périnée peuvent se présenter sous plusieurs déclinaisons, mais la sensation d’une déchirure à l’entrée vaginale, d’une brûlure, d’un obstacle, d’un mur à franchir, de fendre en deux … Ça revient très régulièrement comme témoignage. L’élément commun ici, c’est le site de douleur qui, dans une majorité des cas, se situe à la base de l’entrée vaginale. Cette zone est nommée vestibule. Une douleur à cette région est donc appelée vestibulodynie. Mais d’autres zones peuvent aussi être douloureuses : le clitoris ? Clitoridynie. La vulve de façon plus générale ? Vulvodynie. Le coccyx ? Coccydynie. La douleur peut irradier vers l’aine, le bas ventre, plus profondément dans le vagin, le coccyx, les fesses… Bref, c’est loin d’être drôle ce qui se passe dans vos slips à vous aussi.

Mais les douleurs ne surviennent pas nécessairement lors des relations sexuelles ou exclusivement lors de celles-ci. Uriner, aller à la selle, être assise, être debout, faire du vélo ou tout autre sport, marcher… Bref, toutes les raisons peuvent être bonne pour provoquer de la douleur.

Les premiers pas de la guérison seront de retrouver le contrôle volontaire de la musculature du plancher pelvien. Apprendre à détendre ou contracter avec dextérité (comme vous savez le faire avec votre poing, parce que rendu ici dans votre lecture, j’espère que vous l’aurez relâché !). Étirer, assouplir, détendre mais aussi contracter, renforcer. Viendra ensuite (ou simultanément, c’est selon) l’exploration. Explorer les rôles du périnée pour comprendre où et comment il a perdu sa coordination. Dans son rôle de soutien aux organes ? De continence ? De stockage et/ou d’évacuation ? Dans son rôle sexuel ? Dans celui de stabilisation du bassin et du bas du dos ? Peut-être trouverons-nous de mauvaises habitudes qui précipitent le plancher pelvien vers une dysfonction. Peut-être trouverons-nous des collaborateurs trop peu actifs dans le rôle de stabilité du dos et du bassin, balayant l’excédent de boulot au plancher pelvien… Peut-être devient-il crispé de part cette surcharge. Peut-être trouverons-nous d’anciennes blessures qui auront laissé des cicatrices, un manque de souplesse ou de mobilité dans les structures (nerfs, ligaments, etc) ou dans les articulations. Et c’est exactement mon boulot en tant que physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne ; analyser l’ensemble des données et facteurs pour voir où se situe la source du problème et vous aidez à vous en débarrasser une bonne fois pour toute et ainsi ramener l’harmonie dans votre périnée.

Vous serez d’accord avec moi qu’un parcours à obstacles est beaucoup plus amusant lors d’un rallye défi sportif plutôt que dans votre culotte. Restez à l’affût, un périnée sans escarpements bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Je suis un homme et j’ai mal à mon sexe : réponse à la fameuse balle de golf derrière les testicules.

01 mars 2019

Pour une fois, j’ai décidé de dédier un texte exclusivement à la gente masculine. Faque à mes fidèles lectrices (je sais bien que vous êtes beaucoup plus nombreuses que nombreux à me lire !), je vais avoir besoin de votre aide pour véhiculer le message au public cible. Distribuez autour de vous, partagez ! Ouvrez la discussion, vous verrez qu’il y ait de bonnes chances que vous découvriez un terreau fertile ! Mais, mesdames, ne vous sentez pas exclue car une bonne partie de ce qui sera écrit s’applique aussi à vous. Et le mois prochain, je me rattrape en vous dédiant la version féminine de ce même texte. Parce que les femmes aussi sont nombreuses à avoir mal à leur sexe.

J’ai décidé de dédier un texte exclusivement à la gente masculine. Parce que vous vous sentez littéralement seuls dans votre situation et pourtant vous êtes de plus en plus nombreux à me consulter. Tout un paradoxe celui-là que d’avoir une multitude d’hommes à souffrir seuls et en silences de la même dysfonction. Et c’est là que ça commence pour vrai la lueur d’espoir ici. Non, pas dans le fait que vous soyez nombreux à souffrir, mais dans la découverte qu’il s’agit d’une DYSFONCTION. Pas une maladie. Votre prostate ? Elle est « just fine ». Votre vessie ? « Same thing ». Pis ben non, il n’y a pas d’infection. Pas de prostatite, pas d’infection urinaire, pas d’ITSS (infection transmise sexuellement ou par le sang - anciennement connues sous MTS). Ben quin, les antibios « just in case » n’ont rien donné ; il n’y a pas d’infection à traiter ! Vous m’arrivez bien trop souvent mal en point dans votre corps et dans votre tête. Dans votre corps parce que vous souffrez. Et que la batterie de tests passés chez l’urologue ne sont pas non plus très « jojo ». Votre sexe a été sans contredit malmené. Des caméras dans l’urètre et/ou dans l’anus. Des échantillons d’urine, de sperme, de selles. Des biopsies de la prostate. Des échographies, Scan ou IRM. Votre tête est mal en point : test après test, le drame ce n’est pas qu’on trouve quelque chose de grave, c’est qu’on ne trouve rien ! Tout est normal ! Antibio : peut-être une légère amélioration ? ou pas. En tout cas, ça ne dure pas. Et s’il y a eu soulagement, on peut fort probablement pointer du doigt l’effet placebo. Des médicaments pour la vessie, pour la prostate… Même résultat décevant.

Tout est beau, tout est normal. Mais la douleur, elle, est toujours là… Votre tête souffre de ne rien trouver d’anormal dans votre corps douloureux. C’est là que je réitère : il s’agit d’une dysfonction. Mais que veut dire « dysfonction » ? C’est l’ensemble des difficultés d’adaptation d’une unité à son contexte. Hein ? Un peu indigeste comme définition, je l’avoue. L’unité dont on parle, ici, c’est le périnée, aussi appelé plancher pelvien. Je peux facilement me l’imaginer, plusieurs hommes auront des points d’interrogation dans les yeux en lisant « plancher pelvien ». Alors allons-y d’un peu d’anatomie et physiologie : le plancher pelvien est le groupe de muscles, de ligaments, de nerfs et de tissus qui supportent les organes principaux du bas de l'abdomen (vessie, rectum, intestin) et au travers duquel passent les canaux externes (urètre et rectum). Il aura donc de nombreux rôles à jouer dans le corps. Premièrement, il supporte les organes pelviens dans le bassin, tel qu’indiqué dans la définition. Deuxièmement, il a un rôle à jouer dans le maintien de la continence et dans le stockage, tout comme dans l’évacuation des urines, gaz et selles. Troisièmement, il entre en jeu dans l’activité sexuelle en permettant l’érection et le maintien de celle-ci et dans l’atteinte de l’orgasme. Finalement, lorsqu’il se coordonne avec les abdominaux profonds, le diaphragme et de petits muscles le long de la colonne vertébrale nommés multifides, le périnée devra assurer la stabilité du bassin et du bas du dos. Revenons à notre « décorticage » de la définition de dysfonction. Le périnée à des difficultés d’adaptation à son contexte. Le contexte dont on parle ? Ben, si on prend ça large, votre corps. Ou plutôt le fonctionnement de votre corps. Alors donc le périnée à de la difficulté à s’adapter au fonctionnement de votre corps. Il a de la difficulté à coordonner tous ses rôles ensembles. Les muscles ne savent plus quand contracter, ne savent plus quand relâcher. Scoop : la majorité des douleurs périnéales (aka dans la région du périnée) proviennent de muscles hypertoniques (aka trop tendu, contracté en permanence, manquant de souplesse, etc). Et c’est là que ça fait mal. Mais pourquoi ça fait mal ? Démonstration : serrez fortement votre main pour en faire un poing. Et gardez serré. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Commencez-vous à sentir ce que je veux dire ? Ben imaginez maintenant vos muscles du périnée contractés … all day long … all day … all day long !

Les dysfonctions douloureuses du périnée peuvent se présenter sous plusieurs déclinaisons, mais la sensation d’une balle de golf derrière le scrotum, les testicules, à la place de la prostate ou dans le rectum reviennent très régulièrement. La balle de golf peut souvent se transformer en balle de feu, en urine bouillante au moment de faire pipi ou en sperme tout aussi chaud à l’éjaculation. L’érection peut accentuer la douleur. Une autre zone où la douleur culmine assez souvent chez l’homme : le gland du pénis. La peau peut sembler trop petite et le serrer, le gland peut brûler, des sensations de choc électrique peuvent se manifester, des aiguilles ou lames de rasoir peuvent le traverser en urinant. La douleur peut s’étaler vers les testicules, l’aine, le bas ventre, le coccyx, les fesses… Déféquer peut aussi s’avérer l’enfer. Bref, c’est loin d’être drôle ce qui se passe dans vos culottes. Les premiers pas de la guérison seront de retrouver le contrôle volontaire de la musculature du plancher pelvien. Apprendre à détendre ou contracter avec dextérité (comme vous savez le faire avec votre poing). Étirer, assouplir, détendre mais aussi contracter, renforcer. Viendra ensuite (ou simultanément, c’est selon) l’exploration. Explorer les rôles du périnée pour comprendre où et comment il a perdu sa coordination. Dans son rôle de soutien aux organes ? De continence ? De stockage et/ou d’évacuation ? Dans son rôle sexuel ? Dans celui de stabilisation du bassin et du bas du dos ? Peut-être trouverons-nous de mauvaises habitudes qui précipitent le plancher pelvien vers une dysfonction. Peut-être trouverons-nous des collaborateurs trop peu actifs dans le rôle de stabilité du dos et du bassin, balayant l’excédent de boulot au plancher pelvien… Peut-être devient-il crispé de part cette surcharge. Et c’est exactement mon boulot en tant que physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne ; analyser l’ensemble des données et facteurs pour voir où se situe la source du problème et vous aidez à vous en débarrasser une bonne fois pour toute et ainsi ramener l’harmonie dans votre périnée.

Vous serez d’accord avec moi qu’une balle de golf est beaucoup plus amusante au sol sur un beau green avec un putter entre vos mains plutôt que dans votre rectum. Restez à l’affût, un périnée sans handicap bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Le massage de la cicatrice, un essentiel (on va s’expliquer comment masser sa « couture », ça fait vraiment une différence).

01 fvrier 2019

Mettre un enfant au monde, ça laisse des traces sur le « body ». Certains accouchements laisseront plus de traces que d’autres. Reste que pour qu’on le rencontre ce mini-humain (ou bien ces mini-humains !), deux grands modes d’emploi sont offerts. La porte de sortie originale (celle inclus avec le gêne X) avec l’accouchement vaginal ou bien une porte de secours créer par nécessité le moment venu, la césarienne. Dans la dernière option, la « déchirure » est assurée. Dans la première, elle est quand même bien probable. Les « cicatrices de guerre » sont donc nombreuses. Mais, pour bien guérir, une cicatrice a besoin d’être massé. Un peu, moyennement, beaucoup, c’est selon. Selon l’ampleur de la déchirure, selon la génétique de la personne, selon son alimentation, son sommeil, son stress, ses hormones, sa dépendance ou non à la cigarette, à l’alcool … Et oui, guérir notre corps, c’est avant tout de la chimie ! Alors je vous encourage à avoir une belle hygiène de vie. Mais je vous encourage aussi à masser. Et voilà pourquoi.

Premièrement, masser la cicatrice rééduque les terminaisons nerveuses sectionnées ou déchirées lors de la blessure. Une fois coupée, l’extrémité du nerf meurt. Et un peu comme la racine d’une plante qu’on aurait sectionnée, le nerf va, dans la majorité des cas, repousser à partir de la portion saine et en vie et s’allonger à nouveau ; faire de « nouvelles racines ».

Or, ces nouvelles fibres nerveuses sont jeunes et immatures et elles risquent de ne pas fonctionner de façon optimale au début. Engourdi ? Douloureux ? Hypersensible ? Tout cela est possible. Toucher la zone permet d’aider à la maturation de ces nouvelles terminaisons nerveuses et reste la meilleure avenue pour espérer récupérer une sensibilité normale.

Si toutefois, cela est dur pour vous de seulement mettre les doigts dessus la cicatrice, de la regarder, de la toucher, d’admettre qu’elle est là et de dire le mot « cicatrice », c’est que c’est d’autant plus important de le faire pour guérir son psychique. Il n’y a pas seulement cicatrice dans la chair, mais aussi dans la pensée. Vous avez vécu un trauma. Accoucher est perçu par le corps comme une forme de traumatisme, faute de meilleur mot à employer. Mais des traumatismes, il y en a avec des « t » minuscules, écris en taille 8 et il y en a avec des « T » majuscules en gras, soulignés et taille 48 et tout un éventail entre les deux. Dans le corps comme dans l’esprit. Et je crois fermement que l’un ne peut guérir sans l’autre. Alors si l’élément freinant la récupération corporelle a plutôt racine dans une blessure psychologique, je vous encourage grandement à adresser cette détresse émotionnelle et rechercher de l’aide pour vous outiller dans le « massage de votre cicatrice émotive ». Alors masser sa cicatrice a, en deuxième lieu, le potentiel de favoriser le processus d’acceptation de votre accouchement.

Troisièmement, le massage de la cicatrice permet une meilleure qualité des tissus et de favoriser une guérison optimale. Une plaie qui guérit, suture ou non, vous laisse un bon nombre de « nœuds » dans les tissus. Et par tissus, j’entends les tissus humains tels :

Si la plaie est une césarienne, on ajoute à cela :

Faque ça peut interférer dans la fonction de chaque type de tissu, d’avoir des « nœuds » dedans… Ça peut se manifester par une peau plus épaisse et moins souple. On pourrait aussi avoir des muscles moins forts et plus difficiles à contracter ; ça pourrait même être douloureux de les contracter. Ça peut aussi créer une difficulté à résorber l’enflure, des sensations de congestion, de ballonnements, de lourdeur dans le bas ventre ou à la vulve. On pourrait aussi ressentir des caprices de la vessie (douleur, sensation altéré d’envie, etc), des douleurs lors des relations sexuelles, des crampes utérines, des menstruations douloureuses, alouette !

Non seulement, il peut y avoir des nœuds dans chaque type de tissus, mais il peut y avoir des adhérences entre chaque couche. Et là, ça peut ressembler à une pile de draps de laine rêches empilés les uns par-dessus les autres. Ça glisse pas fort-fort. Or, quand le tout est lisse et sans nœud, les tissus devraient plutôt glisser librement les uns sur les autres comme des draps de soie. En anglais, on dit « slide and glide ». Des effets retardataires plus ou moins près du site de blessure peuvent se faire sentir plusieurs années après l’apparition de la cicatrice. Imaginez que le péritoine « colle » aux intestins. Ou bedon à l’utérus. Ou aux ovaires. Peut-être alors vivrez-vous des difficultés digestives, des douleurs ovulatoires ou menstruelles, des difficultés à retomber enceinte. Ou bien que la peau ne glisse pas bien sur vos abdominaux. Peut-être que vous arriverez moins facilement à les contracter et que pour cette raison, vous aurez éventuellement plus de risque d’avoir mal au dos. Ceci est une liste non exhaustive de ce qui pourrait résulter du cicatrice mal aimée et délaissée.

Bon, je n’aime pas tant parler de l’esthétisme car je crois qu’il y a bien d’autres raisons plus importantes, mais si ça peut en convaincre quelques-unes de plus de masser, usons de cette carte-là aussi ; tous les moyens sont bons. Et oui, une cicatrice bien souple et bien massée sera aussi [roulement de tambours] plus jolie. Elle sera plus lisse (lire ici qu’elle aura moins tendance à faire des « boursouflures » vers l’extérieur ou bien « s’invaginer » vers l’intérieur), plus mince (moins large), et plus pâle (rouge vin tatoué sur la peau n’est pas une couleur très « in » auprès des mamans). Bref, elle sera moins apparente.

Maintenant, j’espère avoir réussie à vous convaincre de masser. Reste peut-être quelques détails techniques du genre : quand ? Quand commence-t-on à masser ? Généralement quand la plaie est bien refermée, aux alentours de 6 semaines post-plaie. Mais même si ça fait plusieurs mois, voire années, il n’est pas trop tard ! Autre détails : comment ? De pleins de façon. Premièrement, en essayant de « décoller » la peau des tissus sous-jacent. En la décollant et en la roulant. On appelle cela du « palpé-roulé ». Ou bien en frictionnant les tissus profonds à l’aide du bout des doigts. De bas en haut, de côté à côté, en diagonal, dans l’autre diagonale, en cercle, usez de votre imagination ! Par contre, faites attention de ne pas seulement frotter vos doigts sur la peau, mais de bien déposer les doigts et de « frictionner » ce qu’il y a en dessous. Pour combien de temps, à quelle fréquence ? Idéalement pour autour de 5 minutes et tous les jours.

Vous serez d’accord avec moi qu’un vêtement dont le tissu est plein de nœuds, qui est peu flexible et rude au toucher est très inconfortable à porter. Eh bien imaginez qu’il s’agit de votre enveloppe corporelle que vous portez à journée longue ! Faites-vous un beau cadeau et habillez votre corps comme il se doit ! Restez à l’affût, une enveloppe charnelle qui vous épouse vous et vos mouvements comme un gant bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Votre vagin a-t-il besoin d’un soutien-gorge ? (Instruisons-nous sur le pessaire)

01 janvier 2019

L’année passée, je vous ai entretenu, deux fois plutôt qu’une, sur les prolapsus pelviens. Deux articles qui, disons-le, on fait quand même sensation. Et c’est tant mieux parce que c’est réel et qu’on peut, en partie, prévenir. Vous les avez manqués ? Les voici : Comment mon vagin déformé a brisé mon cœur (Ma vessie ne fuit pas, elle s’enfuie…) et Prolapsus Génital (Quand le latin est plus chic qu’une descente d’organe…). Faut croire que je n’ai pas épuisé le sujet. En fait, ce n’est pas tant du prolapsus que je veux vous parler que d’une des alternatives pour arriver à le gérer de façon satisfaisante. Aujourd’hui, on parle de pessaires !

Un pessaire est une prothèse introduite dans le vagin servant à maintenir en place les organes pelviens (vessie, utérus, rectum) dans le cas de prolapsus (descentes de ceux-ci dans le vagin). Des pessaires, il y en a de toutes les formes. Parfois incongrus et se déclinant sous formes farfelus, je vous l’avoue. À ma connaissance, il existe autour de 24 formes différentes… Non seulement il y a de toutes formes, il y en a aussi de toutes tailles (et ce, pour chaque formes…) Mais c’est que chaque vagin, chaque bassin, chaque organe nécessitant du support et chaque périnée est unique. À chacune son soutien-gorge !

Le plus commun reste le pessaire « anneau ». On le nomme ainsi par la forme typique qu’il a ; un anneau ! Il se décline sous quelques variantes :

Vous me verrez toujours vous inciter à améliorer au maximum ce que vous possédez déjà, votre corps, votre biomécanique. Je vous guiderai toujours en premier lieu vers l’amélioration de votre posture, de votre force physique (prioritairement votre « canne de conserve » !), votre coordination, le recrutement adéquat et l’équilibre des groupes musculaires pour avoir un bon patron moteur épargnant votre périnée. Mais arrive des fois où ça ne suffit pas. Peut-être que les dommages ligamentaires sont trop grands ? Ou bien que la surcharge pondérale est trop grande ? Ou alors les blessures musculaires sont trop grandes à réparer ? Ou bien la demande physique de l’activité est-elle trop grande pour les capacités actuelles ? Ou un beau mixte de tout ça. Se pourrait alors que votre vagin ait besoin d’un « soutien-gorge » pour tenir tout le monde en place.

Attention, je ne suis pas du genre à vous diriger vers ce « gadget » ma foi, fort aidant dans plusieurs situations seulement pour mieux vous laisser continuer dans vos patrons fautifs. Il ne s’agit pas du chemin de la paresse et du statu quo. On rebâtit la fondation, ça demande du travail, ça ! Rien ne me briserait plus le cœur (c’est relatif, je peux sûrement trouver plus douloureux à mon cœur, mais vous comprenez l’idée) que de faire un « fitting » (ajustement en français, mais c’est peu utiliser) de pessaire et voir mes clientes revenir à leur mauvaise posture, leur mauvais patron de course et arrêter leur programme… Ma vision restera toujours (bah, je crois qu’elle restera toujours, mais seul les fous ne changent pas d’idée…) d’utiliser le pessaire comme un complément à la rééducation périnéale et pelvienne. Il ne remplace pas rien ; il ajoute. Lorsque j’accompagne mes clientes dans leur thérapie, elles se doivent de s’auto-démontrer qu’elles « méritent » ce support externe par le travail qu’elles font sur elles. Elles doivent sentir qu’elles font tout en leur pouvoir pour optimiser leur pression intra-abdominale. Ce n’est pas : on fait la rééducation OU on choisit le pessaire. On fait d’abord la rééducation ET on complémente avec la prothèse.

Le tout, vous l’aurez compris, ce fait beaucoup plus facilement et efficacement avec l’aide et le support d’une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, un « lifting » de vos organes qui atteignent alors des sommets inespérés bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

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