Le massage de la cicatrice, un essentiel (on va s’expliquer comment masser sa « couture », ça fait vraiment une différence).

01 fvrier 2019

Mettre un enfant au monde, ça laisse des traces sur le « body ». Certains accouchements laisseront plus de traces que d’autres. Reste que pour qu’on le rencontre ce mini-humain (ou bien ces mini-humains !), deux grands modes d’emploi sont offerts. La porte de sortie originale (celle inclus avec le gêne X) avec l’accouchement vaginal ou bien une porte de secours créer par nécessité le moment venu, la césarienne. Dans la dernière option, la « déchirure » est assurée. Dans la première, elle est quand même bien probable. Les « cicatrices de guerre » sont donc nombreuses. Mais, pour bien guérir, une cicatrice a besoin d’être massé. Un peu, moyennement, beaucoup, c’est selon. Selon l’ampleur de la déchirure, selon la génétique de la personne, selon son alimentation, son sommeil, son stress, ses hormones, sa dépendance ou non à la cigarette, à l’alcool … Et oui, guérir notre corps, c’est avant tout de la chimie ! Alors je vous encourage à avoir une belle hygiène de vie. Mais je vous encourage aussi à masser. Et voilà pourquoi.

Premièrement, masser la cicatrice rééduque les terminaisons nerveuses sectionnées ou déchirées lors de la blessure. Une fois coupée, l’extrémité du nerf meurt. Et un peu comme la racine d’une plante qu’on aurait sectionnée, le nerf va, dans la majorité des cas, repousser à partir de la portion saine et en vie et s’allonger à nouveau ; faire de « nouvelles racines ».

Or, ces nouvelles fibres nerveuses sont jeunes et immatures et elles risquent de ne pas fonctionner de façon optimale au début. Engourdi ? Douloureux ? Hypersensible ? Tout cela est possible. Toucher la zone permet d’aider à la maturation de ces nouvelles terminaisons nerveuses et reste la meilleure avenue pour espérer récupérer une sensibilité normale.

Si toutefois, cela est dur pour vous de seulement mettre les doigts dessus la cicatrice, de la regarder, de la toucher, d’admettre qu’elle est là et de dire le mot « cicatrice », c’est que c’est d’autant plus important de le faire pour guérir son psychique. Il n’y a pas seulement cicatrice dans la chair, mais aussi dans la pensée. Vous avez vécu un trauma. Accoucher est perçu par le corps comme une forme de traumatisme, faute de meilleur mot à employer. Mais des traumatismes, il y en a avec des « t » minuscules, écris en taille 8 et il y en a avec des « T » majuscules en gras, soulignés et taille 48 et tout un éventail entre les deux. Dans le corps comme dans l’esprit. Et je crois fermement que l’un ne peut guérir sans l’autre. Alors si l’élément freinant la récupération corporelle a plutôt racine dans une blessure psychologique, je vous encourage grandement à adresser cette détresse émotionnelle et rechercher de l’aide pour vous outiller dans le « massage de votre cicatrice émotive ». Alors masser sa cicatrice a, en deuxième lieu, le potentiel de favoriser le processus d’acceptation de votre accouchement.

Troisièmement, le massage de la cicatrice permet une meilleure qualité des tissus et de favoriser une guérison optimale. Une plaie qui guérit, suture ou non, vous laisse un bon nombre de « nœuds » dans les tissus. Et par tissus, j’entends les tissus humains tels :

Si la plaie est une césarienne, on ajoute à cela :

Faque ça peut interférer dans la fonction de chaque type de tissu, d’avoir des « nœuds » dedans… Ça peut se manifester par une peau plus épaisse et moins souple. On pourrait aussi avoir des muscles moins forts et plus difficiles à contracter ; ça pourrait même être douloureux de les contracter. Ça peut aussi créer une difficulté à résorber l’enflure, des sensations de congestion, de ballonnements, de lourdeur dans le bas ventre ou à la vulve. On pourrait aussi ressentir des caprices de la vessie (douleur, sensation altéré d’envie, etc), des douleurs lors des relations sexuelles, des crampes utérines, des menstruations douloureuses, alouette !

Non seulement, il peut y avoir des nœuds dans chaque type de tissus, mais il peut y avoir des adhérences entre chaque couche. Et là, ça peut ressembler à une pile de draps de laine rêches empilés les uns par-dessus les autres. Ça glisse pas fort-fort. Or, quand le tout est lisse et sans nœud, les tissus devraient plutôt glisser librement les uns sur les autres comme des draps de soie. En anglais, on dit « slide and glide ». Des effets retardataires plus ou moins près du site de blessure peuvent se faire sentir plusieurs années après l’apparition de la cicatrice. Imaginez que le péritoine « colle » aux intestins. Ou bedon à l’utérus. Ou aux ovaires. Peut-être alors vivrez-vous des difficultés digestives, des douleurs ovulatoires ou menstruelles, des difficultés à retomber enceinte. Ou bien que la peau ne glisse pas bien sur vos abdominaux. Peut-être que vous arriverez moins facilement à les contracter et que pour cette raison, vous aurez éventuellement plus de risque d’avoir mal au dos. Ceci est une liste non exhaustive de ce qui pourrait résulter du cicatrice mal aimée et délaissée.

Bon, je n’aime pas tant parler de l’esthétisme car je crois qu’il y a bien d’autres raisons plus importantes, mais si ça peut en convaincre quelques-unes de plus de masser, usons de cette carte-là aussi ; tous les moyens sont bons. Et oui, une cicatrice bien souple et bien massée sera aussi [roulement de tambours] plus jolie. Elle sera plus lisse (lire ici qu’elle aura moins tendance à faire des « boursouflures » vers l’extérieur ou bien « s’invaginer » vers l’intérieur), plus mince (moins large), et plus pâle (rouge vin tatoué sur la peau n’est pas une couleur très « in » auprès des mamans). Bref, elle sera moins apparente.

Maintenant, j’espère avoir réussie à vous convaincre de masser. Reste peut-être quelques détails techniques du genre : quand ? Quand commence-t-on à masser ? Généralement quand la plaie est bien refermée, aux alentours de 6 semaines post-plaie. Mais même si ça fait plusieurs mois, voire années, il n’est pas trop tard ! Autre détails : comment ? De pleins de façon. Premièrement, en essayant de « décoller » la peau des tissus sous-jacent. En la décollant et en la roulant. On appelle cela du « palpé-roulé ». Ou bien en frictionnant les tissus profonds à l’aide du bout des doigts. De bas en haut, de côté à côté, en diagonal, dans l’autre diagonale, en cercle, usez de votre imagination ! Par contre, faites attention de ne pas seulement frotter vos doigts sur la peau, mais de bien déposer les doigts et de « frictionner » ce qu’il y a en dessous. Pour combien de temps, à quelle fréquence ? Idéalement pour autour de 5 minutes et tous les jours.

Vous serez d’accord avec moi qu’un vêtement dont le tissu est plein de nœuds, qui est peu flexible et rude au toucher est très inconfortable à porter. Eh bien imaginez qu’il s’agit de votre enveloppe corporelle que vous portez à journée longue ! Faites-vous un beau cadeau et habillez votre corps comme il se doit ! Restez à l’affût, une enveloppe charnelle qui vous épouse vous et vos mouvements comme un gant bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Votre vagin a-t-il besoin d’un soutien-gorge ? (Instruisons-nous sur le pessaire)

01 janvier 2019

L’année passée, je vous ai entretenu, deux fois plutôt qu’une, sur les prolapsus pelviens. Deux articles qui, disons-le, on fait quand même sensation. Et c’est tant mieux parce que c’est réel et qu’on peut, en partie, prévenir. Vous les avez manqués ? Les voici : Comment mon vagin déformé a brisé mon cœur (Ma vessie ne fuit pas, elle s’enfuie…) et Prolapsus Génital (Quand le latin est plus chic qu’une descente d’organe…). Faut croire que je n’ai pas épuisé le sujet. En fait, ce n’est pas tant du prolapsus que je veux vous parler que d’une des alternatives pour arriver à le gérer de façon satisfaisante. Aujourd’hui, on parle de pessaires !

Un pessaire est une prothèse introduite dans le vagin servant à maintenir en place les organes pelviens (vessie, utérus, rectum) dans le cas de prolapsus (descentes de ceux-ci dans le vagin). Des pessaires, il y en a de toutes les formes. Parfois incongrus et se déclinant sous formes farfelus, je vous l’avoue. À ma connaissance, il existe autour de 24 formes différentes… Non seulement il y a de toutes formes, il y en a aussi de toutes tailles (et ce, pour chaque formes…) Mais c’est que chaque vagin, chaque bassin, chaque organe nécessitant du support et chaque périnée est unique. À chacune son soutien-gorge !

Le plus commun reste le pessaire « anneau ». On le nomme ainsi par la forme typique qu’il a ; un anneau ! Il se décline sous quelques variantes :

Vous me verrez toujours vous inciter à améliorer au maximum ce que vous possédez déjà, votre corps, votre biomécanique. Je vous guiderai toujours en premier lieu vers l’amélioration de votre posture, de votre force physique (prioritairement votre « canne de conserve » !), votre coordination, le recrutement adéquat et l’équilibre des groupes musculaires pour avoir un bon patron moteur épargnant votre périnée. Mais arrive des fois où ça ne suffit pas. Peut-être que les dommages ligamentaires sont trop grands ? Ou bien que la surcharge pondérale est trop grande ? Ou alors les blessures musculaires sont trop grandes à réparer ? Ou bien la demande physique de l’activité est-elle trop grande pour les capacités actuelles ? Ou un beau mixte de tout ça. Se pourrait alors que votre vagin ait besoin d’un « soutien-gorge » pour tenir tout le monde en place.

Attention, je ne suis pas du genre à vous diriger vers ce « gadget » ma foi, fort aidant dans plusieurs situations seulement pour mieux vous laisser continuer dans vos patrons fautifs. Il ne s’agit pas du chemin de la paresse et du statu quo. On rebâtit la fondation, ça demande du travail, ça ! Rien ne me briserait plus le cœur (c’est relatif, je peux sûrement trouver plus douloureux à mon cœur, mais vous comprenez l’idée) que de faire un « fitting » (ajustement en français, mais c’est peu utiliser) de pessaire et voir mes clientes revenir à leur mauvaise posture, leur mauvais patron de course et arrêter leur programme… Ma vision restera toujours (bah, je crois qu’elle restera toujours, mais seul les fous ne changent pas d’idée…) d’utiliser le pessaire comme un complément à la rééducation périnéale et pelvienne. Il ne remplace pas rien ; il ajoute. Lorsque j’accompagne mes clientes dans leur thérapie, elles se doivent de s’auto-démontrer qu’elles « méritent » ce support externe par le travail qu’elles font sur elles. Elles doivent sentir qu’elles font tout en leur pouvoir pour optimiser leur pression intra-abdominale. Ce n’est pas : on fait la rééducation OU on choisit le pessaire. On fait d’abord la rééducation ET on complémente avec la prothèse.

Le tout, vous l’aurez compris, ce fait beaucoup plus facilement et efficacement avec l’aide et le support d’une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, un « lifting » de vos organes qui atteignent alors des sommets inespérés bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

L’hygiène féminine ; la vulve n’a pas à gagner de concours de beauté

01 dcembre 2018

Beaucoup de femmes vivent de l’inconfort de façon quotidienne au niveau de la vulve. Il s’agit rarement de la raison primaire qui amène les femmes à consulter en rééducation périnéale et pelvienne, mais cela en incommode plus d’une et aggrave dans bien des situations le problème primaire. En effet, la région vulvaire est dotée d’une peau à caractère sensible. Cela la rend donc plus vulnérable à plusieurs produits et habitudes personnelles. Parce que vos habitudes d’habillement et d’hygiène ainsi que les produits utilisés peuvent amplifier certaines dysfonctions de votre plancher pelvien, voyons-y ensemble !

Allons-y en grand par l’hygiène de la région. S’il-vous-plait, n’utilisez pas de douches vaginales, ce n’est pas nécessaire car le vagin est « autonettoyant » (nous reviendrons sur cette affirmation un peu plus bas). Non seulement ce n’est pas nécessaire mais c’est même délétère. Les produits qu’elles peuvent renfermer sont susceptibles d’irriter la muqueuse du vagin. Et même celles qui disent n’utiliser que l’eau de la douchette ; le vagin n’est pas fait pour accueillir en grande pompe de l’eau ! (Qui se désaltère de cette façon ?!) Cela risque de modifier le pH (équilibre entre acidité et alcalinité). Mais de l’eau, ç’a un Ph neutre, non ? Vrai (en général…) ! Mais le vagin, lui, n’a pas un Ph neutre de 7… D’où le déséquilibre.

Seule la vulve a besoin de se faire nettoyer (par vulve, j’entends l’ensemble des organes génitaux externes). Et même là, les soins sont minimes. En fait, de l’eau et les doigts feront très bien l’affaire… (Je vois déjà la bouche en « O » chez plusieurs lectrices). Mais pensez-y, on garde cette petite région du corps à l’abri du monde extérieur en la couvrant de nombreuses couches… Elle n’est donc pas soumise aux mêmes conditions que les mains qui sondent et explorent notre environnement et rencontre de multiples virus, bactéries, champignons, etc. Par une hygiène excessive, on la « décape » de sa cire protectrice, un sébum qui est produit par des glandes de la région. Ce sébum couvre la région et la protège de principalement deux choses: l’assèchement (personne n’aime avoir une vulve sèche et qui pique) et la friction (grandes lèvres sur petites lèvres, mais aussi cuisses/vêtements sur vulve) surtout rencontrée pendant la marche.

Si vous tenez absolument à utiliser un savon, utilisez-le qu’un jour sur deux. Pour éviter que la vulve ne reste trop longtemps en contact avec le savon, appliquez celui-ci dans la région de la vulve seulement à la toute fin du bain ou de la douche et n’appliquez pas directement le savon sur la vulve (utilisez plutôt les doigts pour appliquer le savon). N’appliquez pas de savon entre les petites lèvres. Cette région est une muqueuse (tout comme l’intérieur du vagin) autonettoyante. Et n’utilisez pas n’importe quel savon ; il faut opter pour un savon doux à appliquer avec les doigts (on est plus délicat avec nos doigts qu’avec la grosse barre de savon ou la débarbouillette ou houppette qui « gratte » la peau). Comme dit plus haut, la peau de la vulve est sensible. De bons exemples de savons sont « Dove peau sensible » ou « Spectroderm ». On en trouve aussi de très bon et doux dans la gamme plus « naturel ». Dans ce sens, évitez que le shampoing (fort, « décapant » et parfumé) n’entre en contact avec la vulve. Rincez donc vos cheveux avec la tête penchée de côté (plutôt qu’en avant ou en arrière ou l’eau de rinçage et la mousse risque de rentrer plus facilement en contact avec la vulve). Suite à ces explications, vous comprendrez qu’il est préférable d’éviter les savons parfumés et colorés… les bains moussants, sels de bains, déodorants féminins, alouette !

La peau a tendance à se dessécher plus rapidement lorsqu’en contact avec de l’eau trop chaude. Votre vulve ne doit pas sortir du bain ou de la douche rouge-homard. Évitez de vous faire bouillir ! Et pour sécher ? On tapote, mesdames ! Pas besoin d’un sablage à la serviette ! L’exfoliation ? Non-non pour la vulve !

Si le vagin, pour rester en bonne santé, se doit de conserver son humidité, la vulve, elle, déteste la moiteur ! Alors retirez vite votre maillot de bain mouillé ou vos vêtements de sports humides. Et évitez de faire suffoquer votre vulve sous les bas collants pleine longueur (suis-je la seule à sortir de là les culottes trempées ?) ou les vêtements synthétiques. La pression excessive peut aussi être source de désagrément pour la vulve. Ainsi, il peut être déconseiller de porter des pantalons trop serrés à la fourche ou des sous-vêtements de type « string » ou « tanga ». Le choix de sous-vêtement à privilégier demeure la classique culotte en coton blanc ou beige. Plate, me direz-vous ? Ce qui est encore plus plate, c’est une fourche irritée. Et n’hésitez pas à laisser respirer au maximum. Une bonne façon ? Ne pas porter de sous-vêtement sous le pyjama. Traitez aux petits oignons vos parties intimes et elles ne s’offusqueront probablement pas d’un petit « string » pour certaines occasions …

Maintenant, non seulement le choix du type de vêtement que vous portez mais aussi comment vous entretenez les dit-vêtements peuvent agresser votre vulve. C’est que vous les lavez, vos vêtements. Du moins je l’espère. Or, les produits de lessive peuvent contenir des substances moins bien tolérées par la région. Si votre peau est sensible, optez pour un détergent à lessive sans parfum et sans colorant. Évitez d’utiliser de l’eau de javel (ça décape !) et les assouplisseurs textiles (si les tissus sont si doux et sentent si bon, c’est qu’il reste un résidu qui enveloppe les fibres… résidu pouvant être considéré comme un ennemi par votre région génitale). On pense donc aux sous-vêtements, mais aussi aux serviettes de bain, aux bas de pyjama, au costume de bain, alouette !

Et maintenant mesdames, à bas le port du protège-dessous au quotidien. Ouin, mais j’ai beaucoup de sécrétions vaginales, je n’ai pas le choix de porter un protège-dessus. En vérité, je vous le dit, ce que je vois beaucoup en clinique, c’est que l’utilisation quotidienne de protège-dessus augmente la production de sécrétions vaginales. C’est un cercle vicieux. Le vagin est magnifiquement bien composé car autonettoyant (qui a envie d’aller récurer ses recoins ?) et le signe que l’autonettoyant a été parti, c’est ces fameuses sécrétions. Or, plus le vagin se considère à risque d’être contaminé ou sali (on étouffe ici sous le pantalon, le sous-vêtement et le protège-slip, non ? Ça sent le renfermé !), plus il part son système autonettoyant. Or, en plus de le priver d’aération, le protège-dessous est souvent composé/bourré de produits chimiques (vous croyez que le petit tissu grésillé/voile à la surface est fait de fibres naturelles ?) et l’industrie ose en rajouter pour le look (non mais, as-t-on vraiment besoin de contour bleu/mauve autour du protège-slip ? À moins d’être mal-voyant …). C’est inutile et délétère pour la santé de la vulve et du vagin de les mettre en contact avec des colorants et parfums. Et le vagin le ressent. Il augmente la fréquence des cycles de lavages. Et vous mouillez plus votre protège-slip et donc vous le changez plus souvent… Et ben, quel beau cercle vicieux !

Vous savez quel était la fonction du sous-vêtement au départ ? Lors de sa création ? Récupérer les sécrétions vaginales. Avant son apparition, c’était le jupon qui jouait ce rôle (vive l’aération !). Mais vint la mode des jupes droites/pantalons et il fallut trouver une alternative au jupon. Et de nos jours ? On veut le garder tout propre ! On a dénaturé la raison d’être du sous-vêtement !

Pour celles à la vulve sensible, les mêmes principes sont à appliquer pour le choix des protections menstruelles ; c’est-à-dire le plus naturel possible, sans parfum et sans colorant. Dans cette catégorie assez facile à retrouver sur le marché, on a pour le tampon o.b. sans chlore, colorant ou parfum et dans la serviette sanitaire, incognito. Dans le plus respectueux de l’environnement, Natracare. On peut aussi avoir recours à la coupe menstruelle (la plus facile à se procurer au Québec étant Diva Cup car offerte par les détaillants) ou les serviettes hygiéniques lavables (offertes par de nombreuses compagnies d’artisanes québécoises) ou encore la culotte de menstruation (Mme L’Ovary ou Thinx). Il s’agit ici d’une liste peu exhaustive, si le sujet vous intéresse, faites vos recherches !

Peut-être voyez-vous un « pattern » se dessiner. On évite les produits chimiques, les parfums et les colorants sur la vulve ! Tout y passe. Le papier toilette non coloré, non parfumé et globalement, non recyclé. Le mode de recyclage privilégié par bien des compagnies car moins couteux et moins compliqué, c’est d’utiliser du chlore pour blanchir le papier recyclé… Pas tellement vulve-friendly. Si vous voulez hydrater votre peau, choisissez sans colorant/parfum et évitez les lotions. Elles contiennent plus d’alcool (ça donne l’impression qu’elles sont absorbées plus vite par la peau que les crèmes, mais c’est plutôt parce qu’elles « s’évaporent ».) Les crèmes sont un meilleur choix.

Les mêmes recommandations sont à appliquer pour le « dedans » aka le vagin. Les tampons ont été couverts plus haut. Poursuivons donc avec les lubrifiants. Ah, les lubrifiants. Un marché lucratif où l’offre abonde. Elle abonde surtout en produits potentiellement agresseur pour le vagin. Les parabènes ont eu leur lot de lynchages. Mais le propylène glycol aussi devrait être sous la ligne de mire. Mais qu’est-ce que le propylène glycol, me direz-vous. Un agent de conservation qui, pour les industries, a l’avantage d’être peu couteux. Mais pour la consommatrice ? Vient avec un effet secondaire plutôt fâcheux pour certaines, celui de promouvoir l’inflammation. Promouvoir l’inflammation dans cette zone fragile qui s’apprête à vivre de la friction ? Je trouve ça ordinaire. Un bon nombre de lubrifiant peuvent aussi débalancer le pH vaginal, un trampoline pour les infections vaginales. Et là, parlons-en des infections vaginales. Comment traitons-nous le tout ? Avec des ovules vaginaux ou crèmes à appliquer dans le vagin qui contiennent bien souvent le même fichu agent de conservation. Alors vagin sensible, s’abstenir ! Mieux vaut être avertie et choisir le traitement oral. Si, si, il existe un traitement oral antifongique que le pharmacien garde derrière le comptoir, suffit de demander ! La prévention demeure tout de même le premier choix. Aussi, si aucun accessoire en latex est utilisé lors de la relation sexuelle (ex : aucun condom), l’huile constitue un excellent choix de lubrifiant. Si aucune allergie n’est présente, l’huile de noix de coco ou l’huile d’amande douce sont de belles alternatives. Par définition, une huile n’a pas de pH, elle ne risque pas d’interférer avec la flore vaginale et diminue les risques d’infection vaginale.

Et si nous parlions maintenant de son apparence ? Car beaucoup de femmes font ponctuellement un peu (ou beaucoup !) d’entretien de la pilosité vulvaire pour éviter le look « broussaille ». Mais avant de tailler à grands coups de hache, j’aimerais mentionner que les poils pubiens ont une utilité. En effet, ils vont modestement limiter la friction directe sur la vulve. Ainsi, le sous-vêtement frictionne sur les poils (qui forment un petit coussin protecteur) et évite à la peau une partie du frottement. Ça reste un effet modeste. Cela étant dit, en tailler un peu (plutôt que de drastiquement tout enlever) peut faire une différence. Cependant, là où je veux en venir, c’est que c’est la façon d’éliminer les dit poils qui peut faire vivre le plus de désagréments. On parlait un peu plus tôt de ne pas trop frotter / laver la vulve pour ne pas la « décaper » de son sébum, sorte de cire protectrice. Ben, imaginer ce que fait l’épilation… Avec les pois partent aussi ce sébum ainsi qu’une partie des cellules du dessus de la peau. Et le rasage ? Même chose. La solution ? Taillez les poils aux ciseaux ou utiliser un petit appareil pour trimer et vous conserverez le sébum ainsi qu’une petite longueur protectrice de poils.

Pas de panique, toute femme n’est pas irritable de façon égale de la vulve et du vagin. Mais si vous ressentez de l’inconfort, explorer ces pistes et découvrir à quoi votre « down there » est « allergique » vous aidera à retrouver le confort vulvo-vaginal auquel vous avez droit.

Le tout, vous l’aurez compris, ce fait beaucoup plus facilement et efficacement avec l’aide et le support d’une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, la vulve paisible (car non-agressée) bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Et si le poids de votre tête faisait tomber votre vessie ?

01 septembre 2018

Aussi jolie soit-elle, votre tête peut être dommageable pour votre vessie. En fait, si mal tenue, elle a un potentiel de vous la faire tomber (si vous êtes une femme). Peut-être qu’il y en a qui se dise : de quoi est-ce qu’elle parle, elle, là, hein ? Ou bien qu’est un peu folle sur les bords. Ou qu’elle exagère, la fille ! Avant de devenir physio en rééducation périnéale et pelvienne, j’étais de votre gang. En fait, je ne savais zéro ce qu’était une descente de vessie ! Bien que j’étais propriétaire et d’une tête, et d’une vessie à ce moment-là… Inquiétant… Alors maintenant que je sais, je distribue l’information.

De quoi je vous parle aujourd’hui ? Mais de posture, encore une fois ! Sous un angle un peu différent, je l’avoue. Je vais vous faire le lien entre mauvaise posture de tête et prolapsus vésical (ou cystocèle ou encore plus communément appelé descente de vessie). La posture est fichtrement importante car on vit sur Terre (système de gravité en place) et que notre corps y est fichtrement lourd ! On dit qu’une image vaut mille mots. Laissez-moi utilisez mille mots en gros format pour étayer mes dires. Analysons la prochaine image ensemble. Parce que c’est précisément cette image qui a rendu le tout plus concret pour moi. Genre la mâchoire m’a décroché. Et j’ai commencé personnellement à garder ma tête bien en place. Tout le monde est familier avec le principe de « bras de levier » ? C’est-à-dire que plus vous tenez un objet loin de vous, plus il vous paraîtra lourd car la force de gravité que l’objet applique sur vous est augmentez par la distance. Bon, transposons ce principe à votre tête. Pour simplifier les calculs, partons du principe que votre tête pèse 12 livres (c’est une moyenne, elle pèse en général entre 9,5 et 15,5 livres dépendamment des personnes.).

La position de votre tête va grandement affecter la pression intra-abdominale (pression dans votre abdomen). Autrement dit, ces 12 livres vont impacter votre « canne de conserve » ! Placez votre tête la mieux alignée possible au-dessus de votre corps et elle pèsera l’équivalent sur votre « canne de conserve ». Mais projetée-la un petit peu vers l’avant par une posture un peu voutée, et regardez le calcul ! On en est à 32 livres de pression intra-abdominale ! Et que dire de la posture de droite ! Les 12 livres du début pèsent maintenant 42 livres pour votre abdomen ! De quoi avez-vous l’air devant votre ordinateur à longueur de journée ? Inquiétant, n’est-ce pas ?

Dans un article antérieur, je vous partageais qu’une mauvaise posture réduit l’efficacité du travail des muscles stabilisateurs profonds lombo-pelvien (aka ma « canne de conserve » constitué des muscles du plancher pelvien, du diaphragme, du transverse de l’abdomen et des multifides). Ben non seulement les stabilisateurs profonds sont en désavantage mécanique, mais ils se font bombarder par plus de pression ! Jusqu’à 30 livres ! C’est par rien, ça !

Je dois avouer que dans l’espace, ce que je viens de vous partager n’a pas du tout rapport. Mais ça, c’est une très minorité d’humain qui peuvent s’en échapper. Et ça vient avec d’autres troubles de santé, anyway (genre ostéoporose…). Parce que dans l’espace, la vessie et la tête ne s’en rende même pas compte de la différence entre debout ou tête en bas. (En fait est-ce qu’on peut réellement savoir si est à l’envers ? Par rapport à quel référentiel ?)

Faque je vous le dis, ici, sur terre, votre tête à le potentiel de faire tomber votre vessie. Voyez-y. Votre cou a l’air de la tour penchée, il penche vers l’avant malgré tous vos efforts pour le redresser ? Il n’est pas trop tard !

Le tout, vous l’aurez compris, ce fait beaucoup plus facilement et efficacement avec l’aide et le support d’une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, le redressage de votre tour penchée bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Attention ! Vessie agressée ! (Les irritants vésicaux, vous connaissez ?)

01 aot 2018

Peut-être faites-vous partie de ceux et celles qui souffrent d’urgence mictionnelle. Ça, c’est la venue d’une envie « super urgente » sortie de « nul part ». Ou peut-être pas tant de « nul part » que ça… Le syndrome des clés dans la porte, ça vous dit quelque chose ? J’en ai déjà parlé dans Quand la vessie se rebelle (Un portrait de l’urgenturie ou de l’hyperactivité vésicale ou de la vessie nerveuse.) Dans certains cas, cela mène à l’incontinence d’urgence. Non seulement il y a la sensation d’envie « super urgente » mais en prime, vous vous faites pipi dessus. Ou peut-être souffrez-vous d’une fréquence mictionnelle augmentée. Bref, vous passez votre vie à avoir toujours envie et y allez donc très souvent. Tous ces termes s’associent à une vessie irritable ou hyperactive. Ah, l’hyperactivité vésicale. Décrite sous maintes coutures mais tout de même mal comprise. Pourquoi la vessie s’active-t-elle ainsi ? Plusieurs pistes de réflexion existent à ce sujet. Aujourd’hui, j’ai choisi de vous familiariser avec ce qu’on appelle les « irritants vésicaux ».

  1. La caféine: On commence par qui ? Une des boissons la plus consommée et appréciée sur Terre. Le café ! Mais non seulement le café, mais tout ce qui peut contenir de la caféine… On parle donc aussi de boissons gazeuses foncées, de boissons énergisantes, de chocolat… et même de certains médicaments ! C’est que la caféine serait non seulement irritante pour la muqueuse vésicale (paroi de l’intérieur de la vessie) mais aussi un stimulant musculaire peut-être un peu beaucoup (!) trop efficace pour certains détrusors (muscle autour de la vessie). Aie, aie ! Dégagez le chemin ! Les recommandations à ce sujet, si votre vessie se trouve affectée par la caféine, est de limiter votre consommation quotidienne à 110 mg.

  2. Les épices fortes/piments : On poursuit avec les épices fortes. Techniquement, pas celles qui donnent du goût et de la saveur mais vraiment celles qui ajoutent le « caïente » dans un plat. Rentre dans cette catégorie les piments. Je serais curieuse de savoir si la population Mexicaine a un taux plus élevé de personnes aux prises avec de l’irritabilité vésicale… Ou bien y a-t-il désensibilisation, mutation génétique ? Bah… je déraille un peu du sujet, ici.

  3. Les édulcorants artificiels : Les édulcorants artificiels auraient aussi le potentiel d’irriter la vessie. On parle des édulcorants de première génération, soit la saccharine, le cyclamate et le fameux aspartame et des édulcorants de deuxième génération avec le sucralose, l’acésulfam-potassium, le néotame, et l’alitame. Vous buvez votre café avec du Splenda ?

  4. Le gaz carbonique : Ici, on rentre dans les boissons gazéifiées. Bien sûr les boissons gazeuses mais aussi les eaux gazeuses tel le Perrier. Le gaz carbonique en soit pourrait être irritant…

  5. Les agrumes : Eh, oui ! L’acidité des agrumes semblerait aussi être associée à l’hyperactivité vésicale… Et tant qu’à y être, les tomates aussi ! Alors tout ce qui est sauce tomatée… Alors amateur de sauces tomatées, jus de tomate, eau citronnée, pamplemousses, oranges et compagnies, soyez averti !

  6. Les produits laitiers : Pour les personnes souffrant d’intolérance au lactose, l’inconfort des intestins incommoderait la vessie sa voisine… Bah, moi aussi je trouverais ça « moyen » de subir les ballonnements de mon voisin…

  7. Le tabac : On connait déjà de nombreux effets néfastes de la cigarette. S’ajoute son effet agressant sur la vessie. Le tabagisme est aussi connu pour l’augmentation de risque de souffrir d’un cancer de la vessie. Fichu bonne raison supplémentaire pour éteindre !

  8. Les boissons alcoolisées : Eh oui ! L’alcool aussi peut agressée votre vessie. Notons que l’alcool est un diurétique. Einh ? On le sait, l’alcool, ça déshydrate. Mais comment ? En nous faisant produire plus d’urine. Augmentation de la production d’urine, c’est ça la définition de diurétique. Donc oui, vous irez plus souvent uriner. Mais ses effets ne s’arrêtent pas là. L’alcool est aussi un relaxant musculaire. Il a donc le potentiel de relâcher la musculature du plancher pelvien et du sphincter de l’urètre. Et il y aurait des substances potentiellement irritantes pour la paroi interne de la vessie dans certains types d’alcool dont le vin rouge. Charmant le portrait, n’est-ce pas ? Une vessie irritable qui produit plus d’urine sur un muscle moins fort pour retenir le tout !

9 – La déshydratation : Comment ? Ne pas consommer quelque chose peut être irritant ? Et comment ! Sachez que lorsque vous êtes chroniquement déshydraté, l’urine elle-même est irritante pour votre vessie. Il y a moins d’eau dans votre pipi pour diluer les déchets du corps qui eux, ne sont pas réduit. Que vous buviez ou pas, vous produisez des déchets. Or, en état de déshydratation, vous les éliminerez dans une urine contenant moins d’eau… Ainsi, la concentration est plus élevée et peut, à la longue, agressée votre vessie. Une main dans un bac de jus de citron pur et l’autre dans un bac d’eau avec une tranche de citron… Dans quel environnement votre main sera la plus confortable pour une période prolongée ? Bah, même chose pour votre vessie.

Méli-mélo : Mais là, voyez-vous comme moi qu’il existe plusieurs aliments qui peuvent rentrer dans plusieurs catégories ? Le coca-cola diète/pepsi diète ou autres marques de ce monde par exemple. Caféine ? Check. Édulcorant artificiel ? Check. Gaz carbonique ? Check. Avec zeste de citron ? Check. Ou bien que les occasions sont nombreuses de consommer plusieurs de ces catégories d’aliments au cours d’un même repas ?

Et mince, vous dites-vous (et moi aussi d’ailleurs, soupir). Toutes les bonnes choses que la terre a à nous offrir ont le potentiel de stimuler ou d’irriter cet organe qu’est la vessie… Ici aussi, la modération à bien meilleur goût !

Ceci étant dit, cela ne veut pas dire que votre vessie réagie à toutes ces catégories d’aliments. Je vous invite à tester l’impact sur votre vessie en éliminant pendant une semaine ou deux le dit-aliment et voyez par vous-même si la problématique est moins prononcée. Vous serrez alors en mesure de faire un choix éclairé de consommer ou non selon le contexte. Parce qu’on est pas toujours obligé de se privé.

Je vous fais ici deux sénarios où vous ne ferez probablement pas le même choix de menu une fois en connaissance de cause. Scénario 1 : petite soirée tranquille au restaurant à 5 minutes à pieds de chez vous avec retour prévu ensuite à la maison. Vous pourrez alors peut-être vous laisser tenter par la pizza tomatée « el piquante » du menu avec un bon verre de vin rouge, de l’eau pétillante avec tranches de citron durant le repas suivi du gâteau mousse chocolat noir et d’un bon café au lait sucré au Splenda (c’est pour ajouter une couche au scénario, parce que pour moi, c’est pas sucré un café !). Scénario 2 : grosse soirée resto-cinéma prévu en amoureux. Le restaurant est à 25 minutes de voiture de la maison, suivi d’un film ou vous en aurez pour 2h30 de visionnement et le 25 minutes supplémentaire de retour au bercail. Mouin, peut-être moins tentant ce menu, non ? Faudrait aussi éviter d’y ajouter l’insulte d’un coca-cola durant le visionnement !

Sachez que si l’idée de courir les toilettes cinq fois pendant votre soirée cinéma vous rebute ; eh bien je suis d’accord avec vous. À bas l’angoisse du pipi nerveux ! Il existe des outils à venir chercher en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, une vessie zen bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

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