Consulter en rééducation périnéale pendant sa grossesse ; une nouvelle tendance qui donne des résultats !

01 mars 2017

On a longtemps étiqueté la rééducation périnéale à la période post-natale seulement. En effet, pour celles qui ont déjà entendu parler de rééducation périnéale (et ce n’est malheureusement pas tout le monde !), ce transmet cette vague information qu’on ne consulte qu’après un accouchement ou que lors de l’apparition de fuites urinaires… Sachez toutefois mesdames que les bienfaits de consulter sont plus étendus que le simple traitement de l’incontinence urinaire.

Heureusement, les tabous se brisent et les femmes cherchent davantage de moyens de vivre confortablement et sans douleur leur grossesse ; de s’approprier leur accouchement et de s’y préparer adéquatement ; de faciliter leur récupération post-natale. Dans cette optique, de plus en plus de futures mamans audacieuses misent sur la rééducation périnéale et pelvienne. Le pari est gagné ; elles en retirent de nombreux bienfaits.

Les avantages pour le périnée sont nombreux. En l’entraînant durant votre grossesse, vous réduisez vos risques d’expérimenter des fuites d’urine, que ce soit pendant ou après la grossesse. Or, 40 à 50% des femmes souffrent d’incontinence urinaire pendant la grossesse ou durant la période post-natale… Une étude à démontrée que de débuter l’entrainement du périnée à partir de la 20e semaine de grossesse réduisait de moitié les risques d’incontinence urinaire post-partum. La force et l’endurance du plancher pelvien augmentant, les inconforts de type pression, enflure, congestion, engourdissement (c’est que bébé et ce qui l’accompagne devient bien lourd !) diminueront.

La musculature abdominale y gagne aussi au change. Il est avantageux de renforcer ses abdominaux lors de la grossesse. En effet, la sangle abdominale permet de supporter bébé adéquatement, maintenir une bonne posture et stabilisé la région lombaire et le bassin. Ainsi, les abdominaux profonds (transverse de l’abdomen) doivent s’adapter au ventre qui prend de l’expansion sans pour autant perdre de leur force. Une faiblesse à ce niveau et vous serez sujette aux maux de dos, aux douleurs de nerf sciatique et de bassin (articulation sacro-iliaque et symphyse pubienne). Environ le tiers des femmes développeront une diastase des grands droits suivant leur grossesse. Il s’agit d’une séparation des muscles abdominaux superficiels. Cette séparation survient, entre autre, lors d’une faiblesse du transverse de l’abdomen, de mauvaises habitudes posturales ainsi que la pratique d’exercices d’abdominaux non-adéquat de type redressement assis ou pédalage avec les jambes. Consulter durant sa grossesse, c’est aussi limiter les risques de diastase des grands droits.

Les avantages de consulter en rééducation périnéale et pelvienne brillent aussi lorsqu’arrive le moment de l’accouchement. En effet, une meilleure connaissance de son périnée amène un meilleur relâchement conscient de sa musculature au moment du passage du bébé. Si suivis avec assiduité, les exercices d’étirements du périnée pratiqués durant les dernières semaines de grossesse diminueront les risques de déchirure. De plus, des abdominaux profonds forts et endurants assisteront favorablement la poussée. Poussée que votre physiothérapeute aura pu évaluer avec vous lors de vos rencontres et corriger si nécessaire. Sans oublier que votre physiothérapeute pourra discuter avec vous des différentes positions d’accouchement qu’il est possible d’adopter pour diminuer l’impact sur le périnée. Bref, les futures mamans sont plus confiantes en leur moyens lors de la phase de poussée.

Les bienfaits s’étendent aussi à la période post-partum. En effet, la récupération post-natale est facilitée car la nouvelle maman connait déjà les exercices à réaliser. Elle peut, dès le 2e ou 3e jour post-partum, commencer à reconnecter avec sa musculature profonde temporairement inhibée ou « désactivée » par le choc de l’accouchement. Le déconditionnement est alors considérablement diminué et le retour à la condition pré-natale grandement favorisée. L’effort à fournir est alors beaucoup moins grand que si la nouvelle maman avait à récupérer ET du déconditionnement de la grossesse ET de celui en lien avec l’accouchement (ET de celui de la période post-natale si les exercices sont entrepris tardivement).

Si les avantages à consulter durant la grossesse sont si grands pour les abdominaux, pour le périnée, pour le déroulement de l’accouchement et la récupération post-natale, pourquoi alors cette tendance ne fait-elle que débuter ? Probablement parce que la fausse croyance dans le domaine médical est encore bien ancrée que de travailler son périnée pendant la grossesse est synonyme de muscles forts et donc « raides » et que cela nuirait au bon déroulement de l’accouchement.Or, aucune étude scientifique ne valide cette hypothèse qui ne provient que d’une mauvaise compréhension de la physiologie et fonction musculaire ainsi que d’une mauvaise connaissance du travail de la physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne. En effet, un muscle peut très bien posséder la qualité d’être fort sans pour autant nuire à sa qualité de souplesse ainsi qu’à ses aptitudes à se détendre. L’athlète gymnaste n’est-il pas excessivement souple ET fort tout à la fois ? L’un n’empêche pas l’autre. De même, la physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne offrira un plan de traitement adapté à sa cliente qui devra non pas seulement travailler la force de son périnée, mais aussi la capacité de détente et la souplesse de celui-ci.

Au-delà des la musculature abdominale et périnéale, la grossesse entraîne d’innombrable changements physiologiques. Les connaissances de la physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne sont alors bien utiles à avoir à porter de main. Que ce soit pour diminuer les manifestations de tunnel carpien, d’enflure des pieds et chevilles ou bien de souffle court associés à la grossesse, elle aura plusieurs astuces pour vous. Elle saura vous rassurer en vous fournissant une explication logique bien souvent d’ordre hormonal derrière vos nouveaux symptômes.

Vous hésitez ? Osez, vous aussi ! Profitez de ce que l’expertise d’une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne peut vous apporter tout au long de votre grossesse.

La femme et l'industrie de la couche ; un engrenage sans fin. (Vraiment ? Brisons la machine.)

01 février 2017

Faites-vous partie de ces femmes qui semblent si joyeuse (?!) d’expérimenter des fuites d’urine ? Porter une serviette, ça vous donne envie de danser, vous aussi ? Les publicistes sont loin d’avoir atteint leur objectif avec moi, leurs publicités me font plutôt grincer des dents… Normal, direz-vous, pour une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne ! Si vous avez le courage de me lire jusqu’au bout, peut-être ressentirez-vous aussi un petit arrière-goût d’amertume.

Allons-y avec une statistique bien connue de ma race (voir ici physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne) : 50% des femmes de 55 ans et plus vivent de l’incontinence urinaire. Saperlipopette, c’est beaucoup de femmes, ça ! Commencez-vous à voir où je me dirige tranquillement ? Considérant que la population se fait vieillissante et que la femme continue de battre l’homme de quelques années du point de vue longévité… (On commence à sentir le filon ici !) Je ne suis pas tellement surprise de voir l’ampleur que les compagnies de serviettes et culottes d’incontinence sont prêtes à investir en publicités. On y vante le confort, la minceur et le haut niveau d’absorption de leur produit. Tellement élégant, pourquoi ne pas tout simplement se promener en petite culotte ? (Certaines d’entre-vous ont sûrement deviné à quelle publicité je réfère, ici ! Franchement n’importe quoi, celle-là !) Et pourquoi ne pas revamper les emballages aux 6 mois, question de faire croire en l’amélioration du produit… On cherche assurément à attirer votre œil (avec l’espoir de plonger dans votre portefeuille). Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais une lutte féroce fait rage dans le domaine de la serviette anti-pipi. Qui sortira vainqueur ? J’ai le regret de vous annoncer que ce ne sera assurément pas vous. Imaginez, après 40 ans de bons et loyaux services à porter leurs serviettes hygiéniques, vous avez une chance sur deux d’avoir encore besoin de serviettes, mais pour l’urine cette fois-ci ! Qui veut perdre la rentabilité d’une aussi bonne cliente que vous ? Pas étonnant que des géants de la menstruation se jettent désormais dans la mêlée ! (Vous aurez peut-être deviné quelle compagnie j’ai en tête…)

Les serviettes sont supposément de plus en plus performantes côté anti-odeur (bizarre, car il s’agit encore d’une crainte fréquente chez ma clientèle…) et anti-moiteur (je vois encore des lésions cutanées de macération…), de plus en plus minces (à ce rythme, elles seront bientôt invisibles !) et de plus en plus absorbantes. Vous pouvez retourner à toutes vos activités favorites sans aucun souci ! D’une discrétion assurée, vous oublierez que vous portez une protection ! Vraiment ? Ont-ils déjà tenter de porter un « pad » dans leur maillot de bain ? Je doute qu’une fois sous l’eau, l’ultra absorption soit un atout ! Et ça ne passera probablement pas inaperçu !

On voit désormais une nouvelle mode dans le marketing de la couche. On tente de normaliser la fuite urinaire et de rajeunir l’image de la femme incontinente. (Quand vous toussez ? Quand vous riez ? Quand vous dansez ? Elles aussi !) C’est bien, dans un sens car on lève un tabou et on exprime le fait que l’incontinence urinaire n’a pas d’âge. On dédramatise la situation car, effectivement, il n’y a pas mort d’homme. Mais là s’arrête mon encensement de la chose pour deux raisons. Premièrement, je doute fort qu’il y ait un élan de charité derrière cette démarche si peu subtil de la part de l’industrie. On cherche à vous entortiller plus jeune dans le monde des serviettes d’incontinence. On veut vous siphonner encore un peu beaucoup de sous. Deuxièmement, on vous offre de pallier à ce nouveau problème en utilisant un objet qui sera facile d’utilisation puisque la majorité des femmes en utilise depuis leur adolescence. À mon sens, on joue sur la naïveté des femmes en ne vous offrant qu’une alternative pour « régler » (en quoi ça règle l’incontinence ?) ce nouveau problème grâce à l’utilisation d’un « plaster » que l’on devra changer aux quelques heures ou tout au plus, à tous les jours… $$$ Je ne suis pas d’accord avec l’idée de laisser croire à ces innombrables dames (on se rappelle, 50% des femmes de 55 ans et plus, et ça augmente avec l’âge !) que la seule solution à ces embarrassantes fuites urinaires, c’est de porter, une fois de plus, des « couches » et de vivre avec ce gênant problème jusqu’à la fin de leurs jours. Jours qui sont, souhaitons-le à cet âge, encore nombreux ! Or, cette situation est loin d’être fatidique et il est tout à fait possible d’y remédier par quelques semaines d’exercices de renforcement du périnée ! Bon, d’accord. Soyons franc, il existe bien quelques autres facteurs auxquels il faut aussi remédier. Ceux-ci seront discutés dans un prochain sujet de blogue.

Probablement par souci d’appât du gain, la gente masculine n’est pas en reste. En effet, perdre son pipi, ce n’est pas l’apanage exclusif de la gentille dame. Messieurs, attention car la tendance est en hausse. En effet, avec le dépistage de plus en plus de cas de cancer de la prostate, une nouvelle religion de la prostatectomie (c’est-à-dire intervention chirurgicale où l’on retire ladite prostate) est née. Ce que l’on omet tout le temps souvent de mentionner avant cette intervention qui semble souvent inévitable, c’est que dans plus de 10% des cas, vous ferez pipi sur vous, chers messieurs. Et pas rien qu’un peu. Vous avez donc désormais droit à vos propres produits dont le design est conçu pour épouser et contenir cette partie d’anatomie spécifique d’où s’écoule contre votre gré le pipi.

Je ne tiens par contre pas à diaboliser totalement le produit. En effet, certaines situations justifient tout à fait son utilisation. Une maladie soudaine (ah, la méchante pneumonie !), un accouchement récent, une chirurgie ou même en attendant que les exercices fassent leur effet (hélas, les « Kegels » n’agissent pas instantanément…), il faut une alternative pour temporairement gérer (et non régler) la situation. Mais une utilisation permanente comme le suggère l’industrie ? Je trouve cela bien triste et suis contre cette idée.

Sachez que si l’idée de porter des couches ou des serviettes, aussi minces, absorbantes, discrètes (alouette !) soient-elles vous rebute ; eh bien je suis d’accord avec vous. Rebellez-vous et musclez votre périnée ! Restez à l’affût, la continence bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

Quand la vessie se rebelle (Un portrait de l’urgenturie ou de l’hyperactivité vésicale ou de la vessie nerveuse.)

02 janvier 2017

C’est l’hiver, il fait froid (disons un bon -31°C, ouach !) et il vente. La neige craque sous vos pieds et le vent siffle dans les branches. Vous arrivez devant votre porte d’entrée et cherchez vos clés. Cette seule image mentale a-t-elle suffi pour vous faire faire un petit tour à la toilette avant de continuer votre lecture ? (J’espère sans incident…) Ou bien est-ce le bruit de la chute d’eau alors que vous barbotez les pieds dans l’eau qui donne le frisson à votre vessie ? Si l’une ou l’autre des situations vous donne envie de pipi (ou pire, les deux !), vous risquez de vous reconnaitre dans ce qui va suivre. Et non, je ne vous connais probablement pas, mais votre vessie, elle, m’est plus que familière.

Votre vie évolue autour d’un (hum, soyons franc, d’une multitude de) bol(s) de toilette. Vous repérez les p’tits coins dans le centre d’achat, au restaurant, au cinéma <span class="left_image small">![](2017-01-02_03.png)</span>(vraiment ? ou bien évitez-vous cette activité, car de toute façon vous ratez quasi systématiquement la fin du film ; quand faut y aller, faut y aller !), à la station-service… Vous avez vos préférés, que vous utilisez abondamment car vous rechignez à utiliser vos derniers recours.

Votre entourage s’est adapté. Quand on sort avec vous, on sait très bien que l’on aura à vous attendre sur le perron pendant que vous faites votre pipi « juste au cas où », qu’on attendra seul à la table du resto l’arrivée des assiettes et, disons-le, probablement la facture aussi. Que, de retour à la maison, on devra vous laisser le champ libre à la porte d’entrée. Bon, peut-être que j’exagère un peu (mais à peine, j’en suis sûre). Vous n’avez pas hérité du qualificatif pisse-minute pour rien.

Vous avez l’impression que votre vessie est sur le gros nerf. Peu importe le nombre de fois que vous irez la vider, elle ne semble jamais satisfaite. Aussi pire qu’une ado. Avoir SI envie pour SI peu… Comment ça se peut ? Et comment une simple clé dans la serrure peut-elle être connectée à ce point avec le signal « panique pipi » ? Pour calmer votre vessie, peut-être avez-vous essayé les cd de musiques apaisantes. Écoutez des pit-pit d’oiseaux et du Enya, c’est bien. Mais si on vous offre gentiment un cd de bruits de ruisseaux et de chutes Niagara, jetez ça au plus vite ! Ça et le supplice de la goutte d’eau, même guerre. Vous sentez que votre vie est régulée par votre vessie ? Vous souffrez d’urgenturie. On peut aussi dire hyperactivité vésicale. Chez le commun des mortels, on parle généralement de vessie nerveuse. Peu importe le nom associé, ne vous laissez pas mener par le bout du nez par une vessie capricieuse ! Il suffit de lui réapprendre la base. Sachez ceci ; la vessie est un organe conçu pour jouer deux rôles : STOCKER (on l’avait oublié, celui-là !) et éliminer l’urine. Pour y arriver, trois éléments sont à retenir.

  1. Reconditionnez votre vessie. Réapprenez-lui les vraies sensations. Pour se faire, il peut être utile de d’abord connaître le fonctionnement normal de la miction, c’est-à-dire faire pipi (voir mon autre blogue à venir prochainement Parlons pipi !).
  2. Éliminez (ou du moins diminuez) les irritants vésicaux. D’abord, sachez reconnaître les irritants pour votre vessie (voir mon autre blogue à venir Attention ! Vessie agressée !).
  3. Utilisez efficacement votre plancher pelvien pour calmer votre vessie. Désolée, pour celle-là, vaut mieux consulter ! Les études le prouvent ; environ le tiers des femmes ne parviennent pas à effectuer une contraction optimale du périnée lorsque la consigne est écrite. Vous pourriez même faire l’inverse !

Le tout, vous l’aurez compris, ce fait beaucoup plus facilement avec l’aide et le support d’une physiothérapeute en rééducation périnéale et pelvienne. Restez à l’affût, l’émancipation de votre vessie bientôt disponible chez une physiothérapeute près de chez vous !

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